L'incontinence urinaire du chien

L'incontinence : volontaire ou involontaire ?

Pour le chien comme pour le chat, l'élimination urinaire joue un rôle naturel dans l'évacuation des déchets de l'organisme mais aussi un rôle social. Le marquage urinaire est un moyen de communication olfactif visuel consistant chez le mâle adulte a marqué son territoire par aspersion d'urine.

 

Normalement, après apprentissage du comportement de propreté, le jeune n'urinera plus dans les endroits où il mange et oui il dort, et par extension, dans toute l'habitation dans laquelle il vit. Mais dans certaines situations, les oublis arrivent et ce à différents âges ; ils peuvent, dans ce cas, refléter un début d'incontinence urinaire.

L'élimination urinaire dans la zone où l'animal est normalement propre, très gênante pour les membres de la famille, apparaît dans les cas suivants :

  • L'émission intempestive d'urines peut être la conséquence de l'absorption quotidienne d'une quantité excessive d'eau (quantité supérieure à 50 ml d'eau/kg) associé à une élimination urinaire trop importante. Un chien présentant ce trouble maintenu enfermé pendant plusieurs heures - par exemple au cours de la nuit - ne peut retenir sa mission.
  • De même, l'inflammation de la vessie (ou cystite) suscite l'émission trop fréquente d'une petite quantité d'urine. Ces pseudo-incontinences peuvent aussi avoir une origine comportementale : marquage du territoire volontaire ou miction de stress chez le chien anxieux ou de joie chez le jeune chien, quelques jets d'urine peuvent être émis dans ce cas.

Mais l'incontinence urinaire correspond à l'incapacité pour le chien de contrôler volontairement sa miction.

 

Lorsque le chien ne peut se retenir, ne parvient pas à contrôler sa miction ou lorsqu'il urine sans même s'en rendre compte en marchant ou en dormant, il s'agit alors d'une véritable incontinence urinaire (absence de mise en disposition du chien au moment des pertes d'urine) qui peut être la conséquence de causes très diverses.

 



En avoir plus sur la miction

Pour comprendre le mode d'action des diverses causes, il faut se rappeler que l'urine produite en permanence par le rein est acheminée par les uretères dans un réservoir la vessie, sorte de sac terminé par un col comportant des sphincters assimilables à un robinet.

 

Au cours de la phase de remplissage, le sac vésical se relâche tandis que les sphincters se ferment (fermeture d'un robinet). La distension de la vessie par un volume urinaire suffisant active des récepteurs sensitifs situés dans sa paroi dont le rôle est de transmettre l'information au cerveau qui va déclencher la mission en envoyant un message à la vessie via la moelle épinière ; les sphincters vésicaux se relâchent (robinet ouvert) tandis que le sac vésical se contracte ce qui permet l'élimination urinaire par l'urètre.

Les causes de l'incontinence

 L'incontinence urinaire peut résulter du défaut du stockage des urines par la vessie ou d'une vidange vésicale anormale.

DÉFAUT DE STOCKAGE PAR LA VESSIE

Lorsque l'incontinence urinaire est la conséquence d'un défaut de stockage des urines, l'animal a des fuites urinaires, mais il demeure capable d'avoir des mictions normales.

1.    L'INCONTINENCE APRÈS CASTRATION

8 à 12 % des chiennes stérilisées deviennent incontinentes dans les 3 ans en moyenne suivant la stérilisation. La première cause des fuites urinaires chez l'animal, conservant par ailleurs des mictions normales, résulte d'une faiblesse sphinctérienne parfois congénitale ou beaucoup plus souvent acquise à la suite de la castration.

Elles sont plus importantes lorsque l'animal est couché en raison de l'augmentation de la pression intra-abdominale.

Ce type d'incontinence est beaucoup plus fréquent chez la femelle stérilisée, mais peut intervenir aussi chez le mâle castré, surtout pour des races de grands formats. Chez la chienne, la perte d'urine est intermittente, habituellement lorsqu'elle se couche. Très souvent, la peau périe vulvaire est irritée et fait l'objet d'un léchage. Chez le mâle la perte urinaire et continue, en goutte à goutte, augmentée par le couchage. L'incontinence post-castration chez la chienne résulte du déficit en hormones, qui a pour conséquence de réduire le tonus du sphincter interne de l'urètre. Chez le mâle le rôle que jouent les hormones et moins évident.

La correction de cette incontinence chez la femelle par l'administration d’œstrogènes sur prescription de votre vétérinaire, éventuellement complétée par un médicament stimulant les récepteurs du sphincter urétral, donne de bons résultats dans 70 à 80 % des cas. Chez le mâle les résultats du traitement médical sont moins bons, de l'ordre de 50 %.

2.   ECTOPIE URÉTÉRALE

La deuxième cause d'incontinence urinaire, par défaut de stockage des urines, est une malformation de l'abouchement urétéral (uretère ectopique) qui est observée beaucoup plus fréquemment chez la femelle. La conséquence la plus évidente est une incontinence urinaire présente dès le jeune âge avec des pertes d'urine en goutte à goutte. Dans certains cas, l'écoulement urinaire peut être intermittent, le plus souvent lorsque le chien est couché et peut s'accompagner de petites gouttes de sang liées à une infection vésicale douloureuse (cystite). Des mictions normales peuvent néanmoins avoir lieu lorsque l'anomalie ne touche qu'un seul uretère.

Le diagnostic de cette malformation fait appel soit à l'échographie, soit de manière plus fiable à la cystoscopie (caméra dans les voies urogénitales) sur des chiens de taille suffisante (plus de 3 kg), soit au scanner. La correction de cette malformation nécessite le recours à une intervention chirurgicale.

3.   DÉFAUT D'ÉLASTICITÉ DE LA PAROI VÉSICALE

La troisième cause d'incontinence urinaire est le défaut d'élasticité de la paroi vésicale nécessaire au remplissage correct de la vessie. Dans ce cas, la vessie est mal positionnée ou la vessie se contracte au mauvais moment, avant qu'elle ne soit correctement remplie, déclenchant alors une miction. Ce type d'incontinence se traduit par les missions trop fréquentes de faibles volumes urinaires, phénomène aggravé en cas de stress ou d'émotion.

DÉFAUT DE VIDANGE VÉSICALE

Le défaut de la vidange vésicale peut être la conséquence d'un dysfonctionnement nerveux. Par exemple, soit le sphincter vésical se contracte un excès (fermeture du robinet), dans ce cas les mictions sont longues et difficiles en jets entrecoupés, soit la vessie est moins tonique et se distend anormalement (paralysie vésicale) et l'écoulement de l'urine se fait de façon passive le chien perdant toute volonté d'uriner.

 

Ce type de dysfonctionnement vésical est la conséquence de lésions du système nerveux, et, notamment, de lésions de la moelle épinière ou des nerfs reliant celle-ci à la vessie (nerfs honteux). Ces lésions du système nerveux peuvent parfois résulter de traumatismes rachidiens ou pelviens.

AUTRES CAS D'INCONTINENCE

Il faut enfin souligner les cas d'incontinence paradoxale dus à une obstruction de l'urètre (hypertrophie prostatique, calculs urétraux entraînant une distorsion de la vessie et l'écoulement d'urine ou goutte à goutte). La suppression de l'obstacle suffit à rétablir une miction normale, sauf lorsque la vessie a été fortement dilatée pendant plusieurs jours, ce qui peut provoquer une perte de tonus parfois définitive du muscle vésical.

Le diagnostic d'une incontinence urinaire

L'incontinence urinaire peut donc résulter de causes très différentes qu'il sera nécessaire d'analyser avec votre vétérinaire et pour lesquels la thérapeutique spécifique.

 

Il est important d'abord de savoir si le chien est capable, même de manière intermittente, d'avoir des mictions normales, ce qui exclut en pratique dysfonctionnement système nerveux.

 

Le caractère précoce et permanent de l'incontinence est en faveur d'une malformation (ectopie urétérale).

 

Il est important de rechercher une éventuelle infection urinaire associée par un examen cytobactériologique des urines. Le diagnostic précis de la cause nécessite souvent des examens complémentaires : radiographies, échographie, cystoscopie, scanner ou IRM pour l'exploration des incontinences d'origines nerveuses.

 

Nos chiens vivent plus longtemps, ils sont plus souvent à nos côtés dans nos maisons et certaines affections sont plus facilement décelables désormais. Quel que soit son âge, votre chien peut présenter des troubles de la miction, dont certains sont les signes d'un début d'incontinence urinaire. Son bien-être et son confort de vie peuvent être altérés. En apprenant à identifier les premiers signes, vous pourrez consulter votre vétérinaire, faciliter un diagnostic précis et précoce, ce qui permettra de mettre en œuvre le traitement médical chirurgical adapté. Vous éviterez probablement ainsi l'utilisation de couches ou de culottes destinées à limiter les souillures du domicile familial.


ACTUALITÉS

BIEN PROTÉGER SON CHIEN DU FROID

Préserver la santé et le confort de son chien pendant les périodes difficiles comme l'hiver est une de vos préoccupations. Les conseils et astuces suivants vous seront utiles pour profiter pleinement de cette saison, rude mais belle, sans empêcher pour autant votre compagnon de profiter des ballades hivernales et des quelques rayons de soleil malgré le froid.

Votre chien a peut-être des spécificités propres qui lui permettront de mieux résister au froid. Apprenez à les reconnaître, votre niveau de vigilance sera différent que votre chien soit habitué aux pièces chauffées ou pas (dormir dehors dans sa niche), qu'il soit de petite ou de grande race, qu'il ait ou non une fourrure et un sous-poil imposant, qu'il ait des particularités liées à son âge, à sa santé (problèmes de peau). Le pire et l'association froid/pluie et les transitions brutales, entre l'extérieur à (0° à -5° C) et les endroits intérieurs surchauffés.

 

Renforcer ses défenses naturelles avec les antioxydants

 

L'organisme de votre chien est fortement sollicité par le froid, les maladies, le stress ou les vaccins. Optimiser et renforcer les défenses naturelles de chien, dès son plus jeune âge et pendant de longues années passe par une bonne alimentation, enrichie en antioxydants « naturels » pour limiter les effets de ces agressions. Des cocktails vitaminiques, d'acides gras essentiels complétés de certains acides aminés et de minéraux sont renforcés dans certaines recettes et ont des effets bénéfiques sur l'immunité générale de votre chien.

1. Bien adapter son alimentation est essentiel, enrichie en antioxydants pour soutenir les défenses naturelles pendant une période propice aux infections virales. N'oubliez pas que même en période de froid, l'eau est indispensable, fraîche mais pas congelée. Si la gamelle est à l'extérieur, renouvelez-la tous les matins, le gel est souvent passé par là. Un petit conseil, éviter les zones d'eau insalubres, un lieu souillé peut déclencher un épisode de gastroentérite très facilement.

2. Prendre soin de son poil : le pelage d'hiver est naturellement plus épais et devrait suffire si l'alimentation elle est enrichie en acides gras essentiels. Pour ce qui est du toilettage, privilégier une coupe légère pour laisser de duvet et le sous-poil qui protégeront son corps. Pour les douches ou rinçages après la neige ou la boue, l'eau tiède de la maison est préférable avec un bon séchage.

3. Les zones sensibles, les pattes et autres extrémités de votre chien sont tout particulièrement fragiles (crevasses à la truffe par exemple), il existe des sprays qui couvriront les coussinets d'une fine pellicule et de la vaseline à apposer sur les parties à protéger (truffe, testicules…). Les courants d'air froids ou la neige, peuvent rendre les yeux plus sensibles, si c'est le cas, vous pourrez demander à votre vétérinaire collyre ou une pommade de protection.

4. Les accessoires de types imperméables ou mentaux canins, bottines aux pattes sont souvent nécessaires selon la race mais également la région où vous vivez. Un chien qui tremble pendant et après une ballade est un bon signe pour l'équiper systématiquement.

5. Se reposer au chaud : pour les couchages un petit nid douillet près d'une source de chaleur est loin des portes fera l'affaire. Si votre chien couche dehors, dans un cabanon ou une niche, pensez à une bonne ventilation sans courant d'air (niches adaptées avec un sas ou avec une porte plastique non hermétique au passage du chien, de la paille ou un isolant sans être au contact direct du chien…).