Les aliments préparés pour chiens et chats


Par le Docteur Vétérinaire Vétérinaire Maxime COQUET,
Certificat d’Études Supérieures de Diététique Canine et Féline

L'alimentation rationnelle de nos chiens et de nos chats doit concourir à leur santé, leur longévité et leur plaisir. Pour ce faire, elle doit notamment être individualisée.

 

A contrario, toute erreur alimentaire inflige des sanctions plus ou moins immédiates chez nos compagnons qui ne peuvent quasiment plus compléter spontanément leur régime. Outre les troubles pathologiques (tels que troubles osseux, rénaux, digestifs…) qui pourraient en résulter, il convie plus particulièrement de prévenir tout surpoids (voire l'obésité) ou toute insuffisance (voire la maigreur).

 

Nutritionnelle ment, le chien et le chat ne doivent pas être considérés comme des « petits hommes ». De nombreuses idées reçues ou erreurs alimentaires doivent être combattues : donner des restes de table, du sucre, des confiseries, etc.


Les aliments destinés à nos compagnons doivent répondre à de nombreuses exigences, parmi lesquelles, être :

  • appétissants pour que nos animaux aiment les consommer ;
  • adaptés aux destinataires : à l'espèce (chien ou chat), au stade de sa vie (croissance, adultes, seniors, gestation, lactation, activités sportives…) ou à la qualité de son pelage ;
  • équilibrés ;
  • suffisants ;
  • pratiques et économiques.

Les différents types d'aliments préparés

  • les matières premières sont nombreuses, standardisées et leur association recherchées pour améliorer la valeur alimentaire finale du produit,
  • leur formulation est généralement sûre, souvent réalisée par des vétérinaires,
  • leurs techniques de fabrication sont éprouvées et concourent à l'amélioration de la qualité finale,
  • leur adaptabilité est généralement supérieure aux rations ménagères notamment en cas de rations complexes ou d'objectifs spéciaux comme la gestion de l'obésité, des calculs, des troubles digestifs, etc.


Avantages et inconvénients des aliments préparés



 

A
V
A
N
T
A
G
E
S


 

 

INCON-

VÉNIENTS


Aliments secs

(croquettes)


  • Praticité
  • Hygiène buccodentaire
  • Coût journalier
  • Adaptabilité
  • Appétence parfois mesurée (notamment chez les gourmands et gourmets qui pourraient surconsommer un aliment trop appétissant)
  • Aliments complets usuellement.

  • Appétence parfois mesurée (dans certaines situations : maladie, grand âge… où l'appétit de notre compagnon est diminué)

 


Aliments humides
(boîtes, barquettes et pochons)


  • Très bonne appétence généralement (liée à la nature des matières premières utilisées)
  • Aspect « plaisir »
  • Apport d'eau par l'alimentation très supérieure (particulièrement utile dans la gestion nutritionnelle de certaines situations)
  • Volume supérieur du bol alimentaire (ce qui concourt à la satiété volumétrique)

 


  • Coût supérieur
  • Parfois trop appétents : les rationner et les distribuer précisément pour éviter la surconsommation
  • Par précaution, toujours vérifier si l'aliment est complet ou complémentaire


Il existe plusieurs types d'aliments préparés pour chiens et chats :

Selon leur mode de distribution
On distingue les aliments complets qui doivent être distribués tels quels, sans aucun ajout, et les aliments complémentaires (de viandes ou de céréales…) qui doivent être associés à une autre source alimentaire. Toujours vérifier cette distinction sur l'emballage permet d'éviter une première erreur majeure...
Selon leur présentation et la quantité d'eau qu'ils contiennent
On distingue ainsi les aliments « secs » (humidité environ 10 %, ce sont les « croquettes »), les aliments « humides » (humidité > 70 %, ce sont les « boîtes », « barquettes » ou « pochons ») et les aliments « semi-humides » (humidité environ 40 %, il s'agit des « croquettes molles »).
Selon leur destination

  • l'espèce : aliment pour chien ou chat
  • le stade de la vie : « aliments physiologiques », par exemple pour chien adulte, pour chats en croissance, etc.
  • l'état pathologique : « aliment diététique » par exemple pour chien insuffisant cardiaque, pour l'obèse, pour chats insuffisance rénale, etc.

L'eau de boisson

Quel que soit l'aliment choisi, il faut toujours veiller à laisser une gamelle d'eau fraîche à la disposition de nos animaux.
Le besoin quotidien en eau de nos compagnons varie, mais il existe quelques ordres de grandeur : 50 à 100 ml par kg de poids et par jour.
Cette eau peut être apportée en partie par l'alimentation, notamment celles présentes dans les aliments humides (ou les rations ménagères)… Ce qui explique pourquoi les chiens et les chats nourris avec ces types d'aliments boivent généralement beaucoup moins que les autres.
Se souvenir aussi que le besoin en eau est également proportionnel à l'ingéré énergétique : si les besoins caloriques du chien ou du chat augmentent, ses besoins en eau augmentent également.

Adapter la ration à chaque animal

L'animal et son aliment sont indissociables. À chaque INDIVIDU, sa ration adaptée : quantité, équilibre nutritionnel...
L'énergie commande le rationnement quantitatif et constitue la première contrainte à satisfaire : c'est le « Niveau Alimentaire » qui se traduit par la quantité d'aliments consommés.
Dans ce « bol énergétique » doivent se trouver tous les nutriments indispensables au chien ou chat et au stade de sa vie : c'est « L'Équilibre Alimentaire »...
Quelle quantité donnée ?
Chez le chien

Le besoin en énergie de nos chiens n'est pas proportionnel à leur poids corporel, mais à leur poids « métaboliques » : leur besoin « au kilogramme » de poids corporel diminue lorsque leur poids augmente.

Cocker Spaniel
Cocker Spaniel

 

 

 

 

Rapport de poids : 2

Rapport de besoin énergétique

de base : 1,68

Berger Belge Groenendael
Berger Belge Groenendael

Cela signifie que les « petits » chiens ont un besoin énergétique « au kilogramme » plus important que les « grands » chiens...
De nombreux facteurs font varier les besoins en énergie et donc la quantité d'aliment nécessaire pour notre compagnon :

  • sa race
  • son âge et son stade physiologique : le chiot en croissance ou la chienne en lactation ont au besoin notablement augmenté, le senior peut voir son besoin diminuer…
  • son éventuelle castration (qui peut diminuer son besoin d'environ 20 %)
  • son comportement (selon qu'il est très calme ou très énervé +/-20 %)
  • le travail qui lui est demandé peut faire varier son poids dans une proportion de un à 2 voire 4…
  • les conditions saisonnières selon son mode de vie, par exemple s'il vit à l'extérieur, etc.

Chez le chat
Plus homogènes dans leur gabarit, nos différentes races de chats ont un besoin de base en énergie au kilogramme assez similaire.
Tout comme chez les chiens, différents facteurs : le stade de leur vie, de nombreux facteurs comportementaux, leur mode de vie (sorties, vie à l'extérieur…) vont influer sur leurs besoins.
Plus particulièrement, la castration ou la sédentarité vont diminuer leurs besoins énergétiques d'environ 20 %.

Notre animal ne doit être ni trop gros ni trop maigre. En première approche, pour apprécier cet état corporel, un test simple est de passer la main sur les côtes de notre chien de notre chat : elles doivent être palpées, c'est-à-dire senties sous la peau (sans qu'il y ait de « gras » entre elles et la peau) mais ne doivent pas être visibles à l'œil nu... Votre vétérinaire saura vous conseiller.

Quel aliment donner ?
La croissance, le 3ème âge, la gestation, la lactation de même que certaines maladies (obésité, insuffisance rénale ou cardiaque, maldigestion, calculs urinaires, etc.) vont engendrer d'importantes modifications des besoins nutritionnels de notre compagnon : la nature et le type de l'aliment choisi doivent suivre le plus précisément possible ces variations. Demandez conseil à votre vétérinaire.

Modalités de distribution

Quel rythme pour les repas ?

Pour le chat
De par ses besoins spécifiques (notamment de par son comportement), on proposera la distribution de plusieurs petits repas répartis dans la journée (de 3 à 6 voire plus selon les possibilités matérielles, l'individu ou son stade physiologique, etc..) tout en contrôlant/limitant l'apport quotidien.
Pour certains d'entre eux ayant la capacité de se « réguler », de fractionner spontanément leurs repas et de limiter leur prise alimentaire, il est possible de laisser leur ration (croquettes dans ce cas) à la libre disposition… en contrôlant, par précaution, la quantité maximale journalière distribuée : c'est le « libre-service contrôlé ».

 

Pour le chien
Un ou plusieurs repas ? Les avis sont partagés. On proposera deux solutions, sans oublier de toujours laisser de l'eau fraîche à disposition :

  • mettre en libre disposition des croquettes en prenant soin de contrôler la quantité distribuée : « tant de grammes » par jour, pour éviter que certains de nos compagnons gourmands ou gourmets ne surconsomment.
  • distribuer la quantité journalière en 1 ou plusieurs prises, selon l'âge, la race… sous forme de repas minutés de 20 minutes.

Il faut proscrire la distribution en quantité incontrôlée d'aliments humides très appétents, notamment au moment du sevrage...

Passé ce délai, il faut retirer la gamelle même si la nourriture n'a pas été consommée.


Que penser de l'alimentation mixte ?
Beaucoup de propriétaires, notamment de chats, souhaitent « mixer » croquettes et boîtes. Cette association est envisageable, hors cas spécifiques (notamment pathologiques) à condition que les deux types d'aliments soient adaptés à l'individu : qualitativement et quantitativement pour ne pas dépasser l'apport énergétique requis... Les boîtes ne sont pas une friandise : elles doivent être intégrées au calcul de la ration.

Changement d'alimentation et transition

Les transitions s'avèrent indispensables et ce d'autant plus que l'organisme (notamment le tube digestif) de notre compagnon est plus fragile ou fragilisé (comme chez le chiot ou le chaton, les animaux âgés ou atteints de maladies).
Entre deux types d'aliments secs ou d'aliments humides ou depuis un aliment sec vers un aliment humide
Hors cas très particuliers, il faut toujours réaliser une transition alimentaire de quelques jours (4 à 8) en mélangeant l'ancien et le nouvel aliment : par exemple 20 à 30 % du nouvel aliment par jour les 2 premiers jours, 50 % les deux jours suivants, 75 % les deux suivants...
Depuis un aliment humide vers un aliment sec
En plus de la transition, il conviendra notamment de bien vérifier que notre compagnon boit suffisamment. De fait, avec les aliments humides, une grande partie de l'eau ingérée l'est par l'aliment ; le passage brutal à un aliment sec pourrait ne pas lui permettre de s'adapter (par l'augmentation de sa prise de boisson) et conduire à de graves désordres... On peut proposer d'ajouter de l'eau aux croquettes, quelques minutes avant le repas, en quantité progressivement décroissante, pour faciliter cette transition de « l'humide » vers le « sec ».

Conclusion

Les besoins nutritionnels de notre compagnon – la quantité, les modalités de distribution, la nature et le type de l'aliment – sont individuels et varient tout au long de sa vie ou de ses éventuelles maladies. Sa ration doit donc être adaptée aussi souvent que nécessaire, notamment à l'évolution de son poids qu'il faut contrôler régulièrement. Pour assurer à nos compagnons la meilleure alimentation pour leur santé et leur longévité, n'hésitez pas à demander conseil à votre vétérinaire.


ACTUALITÉS

La compagnie d'un chien aiderait à réduire le risque d'obésité infantile

Des chercheurs australiens ont récemment publié les résultats d'une étude* originale qui met en lumière l'influence positive de la compagnie d'un chien sur la réduction du risque d'obésité chez l'enfant, et ce, dès son plus jeune âge.

Les enfants de 5/6 ans vivant avec un chien sont 2 fois moins exposés aux risques d'obésité infantile que les enfants vivant sans chien.

« Notre recherche a montré que les petites filles qui ont un chien passent 29 minutes de plus par jour à des activités physiques que celles qui n'ont pas le chien. Ceci signifie qu'elles atteignent la moitié du niveau d'activité physique recommandé par le simple fait de s'occuper de leur chien. Vivre avec un chien peut également accroître significativement le temps de marche d'une personne.

Naturellement, promener son chien n'est pas la seule façon d'accroître son activité physique, mais cette solution représente un choix facile pour près de 40 % des ménages qui ont un chien.

Le chien – Le meilleur ami de l'enfant
Le chien – Le meilleur ami de l'enfant

L'étude a également montré courant des activités favorites des enfants, « jouer avec son animal arrivait en deuxième place derrière le fait de jouer avec ses amis », a précisé le docteur Salmon. « À la lumière de ces résultats, il me semble que posséder un chien constitue peut-être une bonne stratégie pour les parents qui cherchent à faire éteindre l'ordinateur ou la télévision à leur enfant et à faire évoluer le mode de vie des petits comme des grands).


*Étude publiée dans Health Promotion Journal of Australia 2008 est présentée lors d'une conférence sur le «Child Development, Health and Therapeudic Intervention » co-organisée parThe National Institute of Child Health and Human Development (NICHD) et Waltham, Centre de recherche de Mars, Incorporated dédié au bien-être et à la nutrition des animaux de compagnie.